Description
… parfois, dans le monde ou l’on s’inquiete peu des humbles et des faibles, l’attention s’eveille sur les araignees. On se prend d’admiration pour les tissus fins et delicats qu’elles confectionnent. Dans l’antiquite grecque, ou la poesie florissait dans toutes les circonstances, on attribuait a l’araignee, en consideration de son travail, une noble origine. Une jeune Lydienne, la gentille Arachne, incomparable dans l’art de tisser, n’avait pas craint de defier Minerve. Aussitot punie de son imprudence et de son audace, la gracieuse artiste, dit la fable, condamnee a perdre toutes les seductions de la femme, avait ete changee en araignee. En perdant les seductions de la femme, elle conservait son nom et ses talents. Dans les temps modernes, on se laisse entrainer par un courant sympathique en songeant au prisonnier au fond de son cachot ayant pour amie, pour consolation, une araignee qui vient a son appel. Chacun se plait a voir par la pensee le captif de la Bastille, Pellisson, trompant l’ennui de la journee en considerant de longues heures l’animal qui avait tendu sa toile contre la lucarne de sa miserable cellule…




